Librairie-Galerie ARTBIBLIO

Nicolaï Dronnikov

“Visages et paysages de l’émigration russe parisienne (1972-1993)”

Exposition du 8 décembre au 30 décembre 2017

Nikolaï Iegorovitch Dronnikov est à Toula en 1930 (URSS). En 1968, lors de son séjour en France, il rencontre Marc Chagall, cette rencontre a influencé sa décision de quitter l’URSS en 1972  pour venir en France, actuellement  il vit et travaille à Ivry. Il a appris les couleurs dans les pierres charriées par le fleuve Ienissei et qui dans l’eau retrouvaient toute leur luminosité. Cette palette de coloris il l’a retrouvé plus tard dans la peinture des icônes, dont la peinture est fabriquée à partir de terre et de pierres délayées à l’œuf. Ses  couleurs préférées sont le blanc de la neige et le noir, le blanc et bleu de l’été.

Le village en hiver.

Il dessine depuis des dizaines d’années pour se faire la main et arriver à brosser un portrait en deux ou trois traits. Il pratique tout pour développer sa main : la hache, la guitare, le croquis. L’amour qu’il porte très tôt à Matisse et Van Gogh le sauvera pendant la période du réalisme socialiste et ses longues années d’études aux Beaux-Arts de Moscou.

Mais être toute simplement peintre en URSS, en marge du réalisme formaliste, n’est pas une sinécure. Si les années 1957-1962, dites du « dégel », permettent aux artistes considérés comme formalistes d’exposer  dans le cadre de la déstalinisation, les années qui précèdent et succèdent voient toute liberté d’expression artistique condamnée par le régime. Nicolaï Dronnikov comprend relativement vite qu’en URSS, et dans l’esprit soviétique, le tableau et l’artiste «  n’existaient plus et qu’il fallait faire des choses nécessaires à la société soviétique. A l’école, on disait aux enfants que l’intelligentsia devait être exterminée parce qu’elle était inutile. En 1946, à l’époque du décret contre Akhmatova, j’ai compris qu’on n’avait pas besoin de moi.»

Portrait de Tarkovsky

Ensuite c’est l’art russe ancien qui l’attire, peinture et architecte qu’il connaitra mieux au cours d’expéditions dans les coins les plus reculés de Russie. Il étudiera tout particulièrement la couleur dans l’art russe populaire (icône et art traditionnel).

Paysage russe

C’est l’un des premiers qui peindra l’architecture ancienne pour y faire le lien avec le paysage russe.

Nikolaï Dronnikov devant ses dessins-portraits.

Une fois à Paris, Nikolai Dronnikov entreprend une grande série de portraits de dissidents d’URSS dont une partie est publiée en 1980 dans son album “Un russe à Paris ” aux éditions Syntaxe.

Son album « Un russe à Paris » édité én 1980.

Portrait de Viktor Nekrasov, graphite, 1979.
Album de Nikolai Dronnikov “Un russe à Paris”

Malgré tout, et en marge de sa francophilie, la peinture de Nicolaï Dronnikov a constamment commémoré sa première muse : la Russie, la vraie Russie, celle qui a résisté à l’annihilation soviétique, qu’elle ait un ou cent visages. A titre d’exemple, chez lui, sur les murs de l’escalier de sa demeure, est exposée une sélection de ses portraits de dissidents russes  : Rostropovitch, Vissotsky, Soljenitsyne (pour ne citer que les plus célèbres et les plus contemporains).

Son escalier aux portraits

Les «  indésirables  » ont ainsi, selon lui, trouvé leur place dans le panthéon d’une intelligentsia russe contemporaine, figurants par ailleurs aux côtés des fleurons de la culture russe, qu’elle soit littéraire, musicale, ou picturale. Une version peinte de son portrait de Pouchkine est exposée en permanence aux Editeurs Réunis (librairie russe de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, Paris 5e).

Série de portraits.

Des portraits en quelques lignes d’après nature. Pour lui l’art ne vieillit et s’appuie dans son œuvre, aussi bien sur l’héritage des grands maîtres que sur les recherches des jeunes. Il expose peinture, dessin et sculpture sans pouvoir dire où il s’est trouvé complètement.

Sculptures de Nikolaï Dronnikov

C’est en Europe qu’il prend conscience de l’importance de l’art russe et devient un ardent défenseur de l’art et de l’histoire de la Russie.

LIBRAIRIE-GALERIE ARTBIBLIO
13 rue Bonaparte, 75006  Paris
www.artbiblio.com
Tél: 01 42 03 20 35

Horaires : du mardi au vendredi de 13 h 30 à 18 h 30, samedi de 10 h 30 à 17 h 30,

et le matin sur rendez-vous.

Métro : ligne 4, station Saint-Germain-des-Prés
Bus : lignes 39 et 95, arrêt Jacob